pe 17 décembre 2020

On estime que 1,2 million d’hommes allemands ont recours aux services de prostituées chaque année, et le secteur réalise un chiffre d’affaires annuel de 1,6 milliard de dollars.

La prostitution a été légalisée en Allemagne en 2002. L’idée était de soustraire cette industrie aux mains des criminels et de réduire ainsi la traite illégale des femmes, de rendre les conditions de travail plus sûres et de réduire la stigmatisation.

Les prostituées peuvent désormais adhérer à des syndicats et bénéficier d’une assurance maladie, mais beaucoup d’entre elles préfèrent ne pas s’inscrire auprès des autorités en raison de la discrimination et de la stigmatisation dont elles font l’objet. Il en résulte que les prostituées sont encore souvent contraintes de travailler dans des zones industrielles sombres et inhabitées, ce qui les met en danger.

Le tourisme sexuel en Allemagne, une activité légale

Les modifications apportées à la législation allemande n’aident guère les prostituées étrangères, qui représentent près de la moitié du total, car elles n’ont pas le bon permis de travail. Cela signifie qu’elles risquent d’être expulsées si elles signalent à la police qu’elles ont été maltraitées. La prostitution est déjà légalisée aux Pays-Bas, et pourrait l’être très bientôt en Belgique. La Suède a légalisé la prostitution il y a environ 30 ans, mais l’a recriminalisée au bout de 20 ans environ.

Les prostituées enregistrées subissent régulièrement des examens de santé obligatoires et gratuits, et il est également possible pour les clients de signer des contrats avec les prostituées afin de les protéger si les « services » souhaités ne sont pas rendus. Malheureusement, une lacune juridique signifie que les prostituées ne peuvent rien faire si le client ne paie pas après avoir eu des relations sexuelles.

L’industrie du sexe en Allemagne

Les maisons closes où les prostituées sont officiellement enregistrées doivent payer aux autorités locales une redevance d’environ 15 à 25 euros par prostituée et par jour. La ville de Cologne (et sa fabuleuse cathédrale gothique) reçoit environ 700 000 euros par mois. Le parti des Verts est particulièrement actif dans la campagne pour les droits des travailleurs du sexe. Il existe plusieurs syndicats de prostituées (par exemple HYDRA à Berlin) qui font campagne pour la reconnaissance de la prostitution comme un emploi régulier. À Berlin, il existe même une organisation de clients de prostituées, appelée « Lust und Prostitution ».

Les emplois dans le commerce du sexe sont parfois annoncés dans les agences pour l’emploi. Des articles récents publiés dans plusieurs portails d’information en langue anglaise ont raconté l’histoire d’une informaticienne de 25 ans au chômage qui s’est fait dire par son agence pour l’emploi que ses prestations lui seraient retirées si elle n’acceptait pas un emploi de prostituée qui lui était proposé. Cette histoire a suscité un tollé à l’époque, mais il existe peu de preuves pour étayer cette histoire, que certains considèrent comme un mythe urbain.

La nature précise de la prostitution en Allemagne varie d’un endroit à l’autre. À Munich, la prostitution de rue n’est autorisée nulle part. À Berlin, tout est permis ou presque. À Hambourg, elle est autorisée à certains moments de la journée à la gare. De nombreux bars et clubs proposent des services sexuels.

Tourisme sexuel en europe : l’Allemagne imprime la dynamique

Dans de nombreuses villes, il existe une rue appelée « Mall », où se trouvent des maisons closes et où les prostituées se rassemblent. Ces rues sont généralement piétonnes, il faut donc y aller à pied ou en taxi, et bien sûr, il faut avoir 18 ans pour y aller.

De nombreuses villes ont un « Centre Eros » où les femmes louent une chambre le jour, en s’asseyant à la fenêtre pour tenter les hommes. On peut aussi trouver des prostituées dans une foule de magazines vendus dans les sex-shops (dont certains comportent des commentaires de clients), ou dans l’annuaire téléphonique.

La prostitution, remède à la morosité allemande

L’Allemagne connaît actuellement un taux de chômage assez peu élevé mais cela n’a pas empêché le directeur d’une maison de prostitution à offrir des réductions de 20 % aux clients sans emploi. Le syndicat des prostituées a donné son accord en pensant que cela pourrait remonter le moral des chômeurs. Le gérant du bordel, un bar de Dresde, a déclaré que l’industrie du sexe était un très bon indicateur de l’économie dans son ensemble. La réduction s’applique également aux snacks et aux boissons, mais il faut présenter une preuve de chômage.

Un autre bordel a reçu un nombre sans précédent de visiteurs lorsqu’il a ouvert ses portes pour collecter des fonds pour une association caritative en faveur des enfants. Les billets étaient à 40 euros, mais le sexe n’était pas à vendre, il y avait juste une exposition d’art.

Pendant la coupe du monde 2006 à Dortmund, où le quartier des feux rouges n’a pas assez de places de parking, les autorités ont installé des cabanes de sexe en drive-in pour faire face au problème. Un responsable local a déclaré que même si la plupart des hommes s’y habitueraient parce qu’ils pourraient protéger leur identité, « il y aura toujours ceux qui voudront aller derrière un buisson, sous un pont ou dans les bois ».

Le tourisme sexuel en Allemagne booste son attractivité européenne

L’attitude détendue face à la prostitution a permis à l’Allemagne d’attirer des touristes sexuels de France, d’Italie et d’ailleurs pour visiter ses bordels. Ces touristes sont attirés par une approche détendue de la prostitution et la présence des bordels légaux comme le Pascha de Cologne, le plus grand bordel d’Europe. L’Allemagne fait aujourd’hui figure de « paradis du sexe » pour les étrangers (grâce à la réforme de 2002) bien loin devant les Pays-Bas et le fameux Quartier Rouge d’Amsterdam

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